Embouteillage et A.T.
Cette théorie explique en substance que dans les sciences économiques, l'étude de l'effet probable d'une information est biaisée par le seul fait qu'elle soit étudiée. Cela revient à dire que vouloir anticiper les conséquences évidentes de l'arrivée d'un évènement peut suffire à les modifier. Je vais, pour exprimer au mieux cette idée, prendre un exemple vécu. Nous étions à Paris (France), et une grève générale des transports était annoncée depuis plusieurs jours. Les Parisiens n'étaient à cette époque, pas encore habitué à ce genre de bouleversement si bien que tous s'était laissé prendre par d'incroyables embouteillages. Pourtant, il serait faux de dire que les gens n'avait pas anticipé la grève. Ils avaient d'ailleurs tellement bien pris les devants qu'ils avaient tous utilisés leur véhicule pour aller travailler, au lieu de leur traditionnel transport en commun. Chacun pensait pour répondre correctement au risque d'embouteillage, qu'il suffisait de partir plus tôt. L'idée étant réfléchie de manière indépendante, sans consultation collective, personne n'avait pris de décision en songeant que tous auraient eu la même. Cette journée de grève est restée mémorable dans mon esprit. J'avais été immobilisé pendant plus de 4 heures sans pouvoir bouger mon véhicule du moindre centimètre. Les gens finissaient par prendre leur mal en patience et s'occupaient comme ils pouvaient. Certains avaient même abandonné leurs véhicules. La panique et l'impuissance fut totale. Les syndicats ayant fait mouche, ils décidèrent de reproduire leur mouvement quelques semaines plus tard. Comme la première fois, chacun eut vent de la nouvelle et tenta logiquement de l'anticiper. Cette fois, la décision généralement prise ne fut pas de prendre son véhicule et de partir en avance, mais tout bonnement de ne pas bouger de chez soi. Ainsi, cette deuxième journée de grève généra une circulation beaucoup plus fluide qu'un jour sans grève. Deux cause similaires ont donc engendré deux effets radicalement contradictoires. En temps qu'observateur indépendant de l'événement, les résultats issus de la première grève permettent de prévoir ceux de la seconde. C'est finalement ce que tout le monde a fait. La différence est qu'ils étaient eux même acteur de l'évènement, et qu'en modifiant leur réaction, ils modifiaient l'évènement. Pour prévoir l'évolution psychologique des cours, il faut donc être en mesure de comprendre non seulement les mécanismes économiques, mais également la façon dont ils vont être perçus. Dans le cas de ma petite anecdote, il est probable que les fondamentalistes auraient investi en faveur de l'embouteillage dans les deux cas. Pire encore. Comme tous les automobilistes pris en otage, ils auraient sous-estimé l'impact de la première grève et auraient tenté de se rattraper à la deuxième. Leurs pertes n'auraient été alors que plus catastrophique. L'analyste technique aurait quant à lui tenté de regarder directement le mouvement sur la courbe. Il n'avait pas besoin de savoir qu'il y avait une grève pour se rendre compte du flux anormal de véhicules. Il aurait sagement investi sur la tendance visiblement croissante du flot de véhicule, sans aucune prévision ni croyance quelconque. Il aurait techniquement jaugé le momentum du flux et aurait été apte à se retirer du marché des que celui-ci venait à baisser. Il aurait eu la même réaction d'observation lors de la deuxième grève, se contentant de constater la fluidité du mouvement routier et aurait placé ses paris sur la continuité du mouvement de baisse.
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