L'analyse technique, ou quand un graphique vaut mille mots

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L'analyse technique, ou quand un graphique vaut mille mots


Si une photo vaut mille mots, les analystes techniques aiment bien dire aussi qu’un graphique vaut largement un millier de mots, et peut-être même un millier de dollars. La façon la plus simple de définir l’analyse technique est de dire que c’est une stratégie d’investissement qui utilise des graphiques boursiers pour gagner de l’argent.



Le réflexe premier de tout investisseur est de savoir si ses actions montent ou descendent. Les graphiques sont justement là pour vous dire si une action monte ou descend. Quand un graphique vous montre que votre titre est en ascension, c’est bien. Tant que la hausse est là, vous n’avez qu’à conserver votre position.



Mais si jamais le graphique indique que votre titre est en baisse, c’est mauvais. D’autant plus mauvais qu’il baisse depuis un bon bout de temps déjà. Faire la différence entre ce qui monte et ce qui descend est au cœur même de l’analyse technique.



Grâce aux graphiques, l’investisseur «technique» arrive à faire l’analyse du potentiel d’appréciation d’un titre, et à prendre ses décisions d’achat ou de vente. À l’aide des graphiques quotidiens, il va suivre les évolutions à court terme des prix et des volumes, au point d’acheter un titre le lundi pour le revendre le jeudi suivant. Les graphiques hebdomadaires sont plutôt utiles pour les investisseurs qui ont un horizon de placement sur plusieurs mois ou quelques années. À l’extrémité du spectre, on retrouve les graphiques mensuels qui peuvent couvrir de une à plusieurs décennies d’activités boursières, plus utiles pour déceler les grands mouvements haussiers et baissiers des marchés.



Prix et volumes de transaction sont les deux sources principales d’informations de l’analyse technique. C’est le mouvement des prix qui doit dicter à l’investisseur la conduite à suivre, car l’essentiel n’est pas de savoir quel titre acheter (ce que fait l’analyse fondamentale), mais bien quand l’acheter et quand le vendre.



L’analyse technique et les stratégies d’investissement qui en découlent consistent donc à rechercher, dans les échanges des actions sur le marché plutôt que dans les livres comptables des compagnies, ces signaux d’achat et de vente qui feraient la différence entre un portefeuille aux rendements moyens et un portefeuille aux performances supérieures à la moyenne.



Une stratégie visant à acheter au bon moment et à vendre au bon moment, nous disent les analystes techniques, rapportera toujours un rendement supérieur à une stratégie d’achat-conservation (buy-and-hold) à long terme d’un titre, du type de celles qu’on retrouve dans le camp de l’analyse fondamentale.



Un technicien n’achète jamais un titre pour le conserver à long terme et le vendre juste au moment de sa retraite. Il l’achète et le conserve tant et aussi longtemps que la tendance est à la hausse. Dès les premiers signes d’un changement significatif qui annonce une tendance à la baisse, le technicien vendra son titre pour le remplacer par un meilleur prospect. Pour cette raison il faut s’attendre, quand on adopte une stratégie d’analyse technique, à réaliser des transactions plus fréquentes et à renouveler son portefeuille plus souvent que celui qui est un analyste fondamental pur et dur.



Depuis quelques années, les adeptes de l’analyse technique ont accès à des logiciels et à des bases de données qui feraient pâlir d’envie les pères fondateurs de cette approche d’investissement. Conçus spécialement pour l’analyse technique, ces outils sont accessibles au grand public, tout en étant de moins en moins coûteux. Ils facilitent le travail des amateurs de cette stratégie boursière et rendent l’analyse technique très accessible et fort attrayante.



Ces logiciels sont tellement puissants et conviviaux qu’ils permettent de combiner de multiples indices statistiques (jusqu’à une centaine) et plusieurs figures graphiques, des plus simples aux plus complexes, offrant ainsi à l’investisseur la possibilité de définir et de personnaliser son propre modèle de sélection des titres.



L’analyste technique sérieux, de nos jours, est un cybernaute. Les gros sites Internet en finance vont lui fournir, pour chaque titre boursier qui l’intéresse, un graphique de cours boursiers de son choix, pour la période de son choix (une journée, un mois, un an, etc.). Le graphique fournira un portrait des volumes de transaction d’une journée à l’autre, et il sera souvent accompagné d’un profil financier de l’entreprise et d’une sélection de nouvelles la concernant.



L’investisseur qui utilise l’Internet pour s’informer et investir devient un analyste technique sans le savoir, grâce aux nombreux graphiques boursiers qu’on lui donne à voir, gratuitement.



André Gosselin
Orientation Finance
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