Expropriation par impôts et taxes
| J'entends par expropriation toutes formes de taxes et d'imposition. La morale est un code de valeurs qui permet de départager ce qui est bien de ce qui est mal. L'état, pour être légitime, doit se conformer à ce code dans toutes ses interventions. Mais voilà qu'aujourd'hui, la valeur ultime est ce que la majorité d'une société désire: "Ce qui est bon est ce qui est bon pour la société". Ce qui suppose que la société est au-dessus de la morale, puisqu'elle en est la norme; la société détermine la morale. Celle-ci a tous les droits au nom du bien! Le danger réside dans le fait que ce que la société désire est ce que la majorité désire, et que ce désir définit ce qui est bien; "Les désirs changent, le bien change", d'où le subjectivisme de l'éthique. Ce désir est d'abord une obligation morale, pour ensuite devenir, par l'intermédiaire de l'état, une obligation juridique pour les minorités et jusqu'à la plus petite des minorités: vous et moi. l'église ordonnait la générosité; l'état donne, mais pour ça il exproprie... Cette dictature de la majorité sur les minorités est une dictature non pas parce que la majorité choisit, mais parce que ce choix définit la norme morale. À mon avis, cette norme devrait plutôt se conformer è l'individu et venir limiter le pouvoir d'intervention qu'a l'état, et qui lui est conféré par la majorité. Une norme qui respecte chacun, au lieu d'avantager une majorité forcément au désavantage des minorités allant jusqu'à votre personne. Cette dictature de la majorité tue la seule chose que nous possédons à la naissance: l'initiative. Une norme morale a pour but de guider et fonder nos choix et actions. Je crois que cette norme doit être naturelle. Le but ultime d'un choix et d'une action est d'abord la survie, ensuite la vie, et finalement la jouissance de cette vie. À la limite, si je choisis de ne porter aucune action, de demeurer inerte, je meurs. Si je choisis de porter une action, je peux m'approcher de la mort ou, à sens contraire, de la vie. Dans ce dernier cas, un travail de la raison est nécessaire, à moins d'être chanceux. Ce qui détermine le guide de nos actions est avant tout notre organisme qui nous oblige à l'action. Si je ne porte pas l'action de manger, m'habiller ou m'abriter, je peux mourir. Je peux aussi mourir si je le fais mal, si je le fais sans le travail de la raison au préalable. L'action qui vaut la peine d'être exécutée est celle qui tend à la vie; et seule la raison nous permet de découvrir ces actions. Nous n'avons pas l'heureuse chance de posséder un organisme doté de réflexes nous poussant à exécuter les gestes essentiels, et ensuite agréables à notre vie. Dans la nature, l'homme qui ne raisonne pas côtoie la mort. C'est bien son choix, la nature (ou Dieu) lui donne ce pouvoir de porter une action: ce pouvoir d'initiative. À lui de l'utiliser ou pas. Et à lui devant Dieu ou son état d'en assumer les conséquences, ou d'en profiter. La social-démocratie a pour effet de décourager l'initiative. Si un homme trouve le moyen, par la raison, de se nourrir du fruit de son travail et qu'il nourrit en même temps un autre homme, ce dernier n'aura pas à faire l'effort de raisonner et travailler: il dépendra de l'autre. Si le premier arrête de le nourrir, le deuxième meurt, à moins qu'il ne vole le premier. Ce qu'il n'est plus obligé de faire, car l'état social-démocrate exproprie le premier aux dépens du second, qui fait maintenant partie de la majorité. En plus d'exproprier ceux qui travaillent et qui sont liés aux lois expropriantes désirées par la majorité, l'état exproprie depuis longtemps les générations à venir. Celles-ci ne peuvent pas encore "jouir de nos avantages sociaux" mais elles en sont débitrices: en plus de naître avec le péché originel, elles naissent avec un lourd fardeau fiscal! La société social-démocrate prétend qu'il ne faut pas "laisser le gens mourir de faim, qu'il faut les abriter, les amuser etc..". Bien sûr qu'il existe des gens moins choyés par la nature ou par leur milieu social. Mais pour donner, l'état doit prendre d'une autre main; il doit exproprier les actifs pour donner aux inactifs par nature ou par choix. À force de recevoir à rien faire et de se faire prendre le fruit de son travail gagné à la sueur de son front, l'état par l'intermédiaire de la majorité finit par encourager l'inaction et le "laisser-faire" et à décourager l'initiative. En laissant à l'état un pouvoir illimité d'intervention, on laisse l'initiative disparaître et l'humain se dénaturer. On finit avec une société de mendiants qui s'assure de laisser au pouvoir un état qui vole, mais légalement. Plus on distribue, plus on doit exproprier, plus l'initiative disparaît, moins il y a de gens qui produisent, plus la dette augmente, plus l'économie tombe et plus il y a de gens "qui meurent de faim, sans abri, avec rien pour s'amuser"! Est-ce ça que les politiciens veulent dire par "y faut couper dans les dépenses!"? (sur un ton innovateur) Pas de danger qu'ils le fassent; ils sont au pouvoir par la majorité qui attend, la bouche ouverte. |
| Frédéric-Antoine Lemieux |